L'agriculture dans les pays du Tiers Monde

L'AGRICULTURE DANS LES PAYS DU TIERS-MONDE

Les pays du Tiers-Monde occupent la ceinture équatoriale du globe; ils seront donc tous soumis à un climat chaud et à des conditions climatiques difficiles (érosion forte, pluies naturellement acides). Le facteur qui différenciera leur agriculture sera donc celui des précipitations qui les séparera entre pays secs ou humides et celui de la démographie qui déterminera la place de l'agriculture vivrière dans leur économie.

L'EXEMPLE DE L'ALGERIE: UN PAYS SEC ET UNE DEMOGRAPHIE GALOPANTE.

L'Algérie cumule les handicaps en matière d'agriculture:
- l'hydrographie est déficiente, à peine 350 mm de pluie dans la partie la mieux arrosée (10% de la surface globale). Le reste étant désertique.
- un sol montagneux ne laissant de bons terrains que dans les quelques plaines côtières
- une démographie galopante qui absorbe tout effort et accroît les besoins en eau domestique et en terrain urbanisable.
- une politique agricole inspirée du socialisme qui n'a donné que de maigres résultats.

Tous les efforts de rationalisation ou d'intensification des productions se heurtent à ces handicaps. L'agriculture algérienne ne couvre que la moitié des besoins de la population. Il faut importer le reste, ce qui oblige à une importante sortie de devise et compromet par là même le développement.

L'EXEMPLE INDIEN: UN PAYS DE MOUSSONS EGALEMENT SURPEUPLE.

On représente souvent l'Inde comme un pays famélique pourtant ce pays surpeuplé est parvenu à 80% à l'autosubsistance. Cela s'explique en premier lieu par un climat favorable dans les deux tiers est et nord du pays, bien arrosés par les moussons et une utilisation intensive des terres qui n'a aucun égal dans le monde, Chine mise à part. Les terres sont drainées, irriguées, travaillées par une masse rurale considérable. L'agriculture est essentiellement vivrière: blé, riz, légumes.
Toutefois la pression démographique est telle que l'Inde ne jouira pas longtemps de cet atout. Déjà, il faut importer du riz et du blé et la place laissée aux cultures industrielles (coton, chanvre) est menacée.

L'EXEMPLE IVOIRIEN: UN PAYS TROPICAL HUMIDE A POPULATION FAIBLE.

Il peut passer à priori pour le plus encourageant. Les conditions climatiques sont très favorables, les précipitations abondantes surtout au sud, les sols plats et fertiles. Le pays était du reste le prolongement de la forêt africaine.
Après l'indépendance, le gouvernement a misé pour développer le pays sur l'agriculture d'exportation sans pour autant négliger les cultures vivrières. Les petits paysans ont accru les productions de cacao, de café, de coton et de bananes à tel point que ce petit pays occupe la première place au monde pour le cacao (le tiers de production mondiale) et la troisième pour le café.
Il s'en est suivi une réelle prospérité et la Côte d'Ivoire, un temps, s'est présentée comme un exemple de développement. Mais les cours mondiaux n'ont pas tenu devant une telle production. Les prix, fixés à Londres par de vieilles compagnies, se sont effondrés à la fin des années 80. La Côte d'Ivoire s'est alors aperçu que son économie dépendait d'un marché qu'elle contrôlait pas. Le réveil a été douloureux. Baisse de la production, chute des exportations et troubles sociaux graves.
Le redressement amorcé dans le début des années 90 semblait toutefois porter ses fruits et devait donc à terme permettre le développement du pays mais les troubles politiques actuels et la partition de facto du pays compromettent tout effort.