Programme d'Histoire : Synthèse

T PRO – Fiche synthèse du programme d’histoire

SEQUENCE I : LES RAPPORTS DE PUISSANCE DANS LE MONDE DE 1850 A NOS JOURS

Séance 1 : Avant 1914, l’Europe domine le monde

A partir de 1850, l’Europe connaît une période d’expansion très importante à la fois démographique, économique et territoriale. Mais peut-on parler d’hégémonie européenne sur le monde entre 1850 et la 1ére guerre mondiale ?

I) L’hégémonie européenne

Le XIXème siècle voit l’Europe partir à la conquête du monde à travers notamment le peuplement de nouveaux pays (Etats-Unis, Australie…), grâce au début de sa transition démographique (sa population augmente), mais aussi par l’acquisition de colonies qui leur permet d’investir des capitaux. Après avoir colonisé l’Afrique et une partie de l’Asie, les nations européennes (principalement le Royaume-Uni, la France, la Belgique et les Pays-Bas) se disputent leur influence sur la Chine ou le Proche-Orient. Les première et seconde révolutions industrielles (charbon puis pétrole et hydroélectricité) provoquent une croissance qui soutient cette politique. La colonisation, sous couvert d’intentions civilisatrices, a surtout pour but de constituer un empire avec les intérêts commerciaux, économiques et stratégiques que cela représente. Seuls deux pays résistent à cette expansion européenne : le Japon et les Etats-Unis.

II) 2 rivaux industrialisés, Etats-Unis et Japon

Ces deux états connaissent aussi la croissance liée à la révolution industrielle et se lancent dans une politique impérialiste. Les Etats-Unis la justifient par une surproduction et le besoin d’obtenir de nouveaux débouchés pour leur industrie et leur agriculture. Les Japonais, eux, veulent un territoire plus grand, un espace vital pour leur population. Tandis que les Etats-Unis étendent leur influence sur l’Amérique centrale et aux îles du Pacifique (guerre contre l’Espagne en 1898), le Japon entre directement en concurrence avec les puissances européennes sur la Chine et conquière la Corée.

III) L’Europe, un continent sous tension

Parallèlement à cette montée de rivaux, les puissances européennes s’opposent entre elles, non seulement à travers la conquête des colonies, mais aussi sur le continent européen lui-même. Les revendications territoriales sont nombreuses : la France veut récupérer l’Alsace-Lorraine (annexée par l’Allemagne en 1871). L’Italie réclame des terres irrédentes à l’Autriche-Hongrie, tandis que dans les Balkans les tensions sont vives et s’expriment déjà dès 1912-13 dans un conflit (voir chapitres sur les nationalismes).

En 1914, l’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand à Sarajevo met le feu à la « poudrière des Balkans » et, par le système des alliances, entraîne toute l’Europe dans la 1ére guerre mondiale, dévastatrice, qui va mettre fin à la domination qu’elle avait étendu sur le monde.

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Séance 2 : L’entre-deux-guerres, l’Europe affaiblie.

La 1ère guerre mondiale a considérablement affaibli l’Europe par son bilan désastreux à la fois humain, et économique. En quoi la guerre de 14-18 a-t-elle modifié les rapports de puissance dans le monde ?

I) La domination de l’Europe remise en question

La 1ère guerre mondiale a affaibli l’Europe au profit de ses concurrents d’avant-guerre : les Etats-Unis et le Japon. Les deux pays sont sortis intacts de la guerre et ont en plus fournis l’Europe pendant le conflit, ce qui leur a permis de se développer. De plus les Etats-Unis qui ont vendu beaucoup de matériel à leurs alliés, en attendent les remboursements. Après 4 ans de guerre, les puissances coloniales ne sont plus en mesure de maintenir leurs ambitions sur la Chine, désormais menacée par son voisin japonais. De même les Etats-Unis développent désormais leur impérialisme, pour l’instant commercial, sur l’Amérique latine. Enfin, un signe flagrant de l’affaiblissement européen vient de certaines colonies où des révoltes éclatent, parfois même avec succès comme en Egypte. Pour maintenir la paix, la SDN est créée mais de trop nombreux handicaps rendront cet essai vain : pas d’adhésion des pays vaincus, refus du sénat américain d’y participer (alors que c’est Wilson, président des Etats-Unis qui a œuvré pour sa création), pas de force armée, besoin de l’unanimité à chaque décision… L’idée de la SDN sera reprise avec plus de succès en 1945 avec la création de l’ONU.

II) Une crise économique sans précédent

La crise débute à la bourse de New York (Wall Street) en octobre 1929. Ce crack boursier va entraîner des conséquences dramatiques pour l’économie (faillites, licenciements, baisse de la consommation…) et la population (chômage…). Pour redynamiser l’économie américaine, de grands travaux publics sont entrepris pour employer les chômeurs et le protectionnisme est mis en place. Dans un monde vivant déjà en interrelation, la crise « s’exporte » (seule l’URSS vivant en autarcie ne sera pas touchée) et atteint son apogée en 1932 : l’Allemagne est dramatiquement touchée (baisse de la production de 50%, 6 millions de chômeurs) : comme partout, la population touchée par la crise se tourne vers les extrêmes et tombe dans la dictature nazie. Dans d’autres pays, comme la France, la démocratie résiste à la vague autoritaire.

III) La démocratie remise en question

A la fin de la guerre, les puissances alliées vainqueurs imposent la démocratie dans les nouveaux états nés du redécoupage des frontières. Mais les frustrations de certains peuples (Italie) ou leur sentiment d’humiliation né des traités de paix (Allemagne) commencent déjà à remettre en question le modèle démocratique. A cela s’ajoute la peur d’une autre dictature, d’extrême gauche cette fois, celle des communistes depuis la révolution russe de 1917. A l’arrivée, toute une vague de dictatures déferle pendant l’entre-deux-guerres sur l’Europe centrale et orientale ou encore sur l’Espagne (1936). En Allemagne, Hitler, arrivé au pouvoir en 1933 entame une politique agressive allant à l’encontre du traité de Versailles : remilitarisation, annexion de l’Autriche, puis des Sudètes, alliance avec l’Italie fasciste… En Asie, un autre pays entame dès les années 30 une politique d’expansion contre ses voisins (Corée, Chine), le Japon.

Ces deux régimes dictatoriaux vont, par leur politique agressive, entraîner le monde dans la seconde guerre mondiale qui va modifier profondément les rapports de force mondiaux.

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Séance 3 : De 1945 à nos jours : de la guerre froide à un monde unipolaire.

Dès 1945, l’Europe, qui 30 ans auparavant dominait encore le monde, devient un territoire où les deux nouvelles superpuissances sorties vainqueurs de la guerre, les Etats-Unis et l’URSS vont s’affronter. Comment les rapports de puissance évoluent-ils pendant la guerre froide et après 1990 ?

I) Un monde bipolaire, la guerre froide (1945-1991)

Les Etats-Unis, sortis intacts du conflit, et l’URSS, qui a libéré seule la moitié de l’Europe du nazisme sont les deux nouvelles superpuissances. Leur domination est nette dans tous les domaines (militaire, économique, diplomatique, prestige…). Parce que leurs idéologies politiques sont radicalement opposées (libéralisme, capitalisme et démocratie pour les Américains, planification, communisme et dictature du prolétariat pour l’URSS), ils vont s’affronter par tous les moyens sauf conflit militaire direct pendant 45 ans : c’est la guerre froide. Cette période sera émaillée de crises et de périodes de grande tension (Blocus de Berlin, guerre de Corée, guerre du Vietnam, Mur de Berlin, missiles de Cuba…). L’Europe, comme le reste du monde, devient un espace d’enjeux pour les deux blocs qui cherchent à étendre leur influence : le continent européen est coupé en deux par le rideau de fer.

II) La fin de la puissance européenne : la décolonisation (1945-1965)

Conscients de l’affaiblissement des puissances coloniales européennes, les peuples colonisés commencent dès 1945 à réclamer ou à proclamer leur indépendance. Entre 1945 et 1955 pour l’Asie et entre 1955 et 1965 pour l’Afrique (à quelques exceptions près), presque tous les peuples colonisés vont obtenir leur indépendance pacifiquement (colonies britanniques comme les Indes ou Congo belge) ou après des conflits (Indochine ou Algérie pour la France, Indonésie pour les Pays-Bas). Ce mouvement est soutenu par les Etats-Unis (qui ont été une colonie au XVIIIème siècle) et par l’URSS (qui y voit un double intérêt : l’affaiblissement des puissances coloniales et l’émergence de nouveaux pays à intégrer à leur bloc). De la décolonisation va naître un « troisième monde » (tiers-monde) constitué de pays refusant de s’aligner sur l’un des deux blocs.

III) De l’effondrement du bloc communiste au désordre mondial (1991-…)

A partir des années 80, l’URSS et ses pays satellites accusent un retard économique considérable dû à de mauvais choix (la planification mettait l’accent sur l’industrie lourde). Ce retard économique fait vaciller le régime soviétique et M. Gorbatchev, devenu 1er secrétaire du PCUS en 1985 entreprend d’importantes réformes en URSS, mais trop tard : le rideau de fer s’ouvre, le mur de Berlin tombe et l’URSS disparaît en décembre 1991, laissant une seule superpuissance, les Etats-Unis. Libérés de la dictature communiste, les nationalismes s’expriment à nouveau en Europe de l’est et en URSS, redessinant les frontières dans des circonstances parfois dramatiques (Yougoslavie), le plus souvent pacifique (scission de la Tchécoslovaquie, réunification allemande, implosion de l’URSS).

Les Etats-Unis, dominent le monde et étendent leur influence au Moyen-Orient, 1ère réserve pétrolière mondiale (guerres du golfe), mais se montrent incapables à assurer l’ordre dans le monde entier (guerres civiles, conflits, prolifération de l’arme nucléaire, terrorisme…)

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SEQUENCE II : TERRITOIRES, NATIONS, NATIONALISMES ET NATIONALITES EN EUROPE DE 1850 A NOS JOURS

Séance 1 : Idée de nation et construction de l’Europe (1850-1871)

Depuis 1850, la carte des frontières européennes a été profondément transformée a plusieurs reprises. Ces changements sont dus au nationalisme et sa définition et son expression ont changé selon les époques. En 1850, certains états-nation sont déjà constitués, d’autres pas. Comment le nationalisme contribue-t-il, avant 1871, à modifier la carte de l’Europe ?

I) L’idée de nation

On définit une nation comme un ensemble d’êtres humains ayant en commun un certain nombre d’éléments (par exemple une même langue, une même histoire, une même religion, les mêmes valeurs, le même mode de vie…) et souhaitant vivre ensemble. La nation est donc un peuple et il ne faut pas la confondre avec un état, que l’on peut définir comme un espace délimité par des frontières. Au XIXème siècle, certains états, comme la France ou l’Espagne, rassemblent une nation depuis plusieurs siècles déjà. D’autres, sont constitué de plusieurs nations (le Royaume-Uni qui comprend des Anglais, des Gallois, des Ecossais et des Irlandais, l’Autriche-Hongrie ou l’empire ottoman – voir séance 2). Il arrive également que des nations soient divisées en plusieurs états : ce fut le cas de l’Allemagne pendant la guerre froide (RFA/RDA) ou encore de la Corée de nos jours. Des nations enfin vivent sans état : ils sont dominés par une autre nation, comme ce fut le cas de tous les peuples colonisés ou des Basques aujourd’hui. En ce milieu du XIXème siècle, 2 nations vont construire leur état : l’Allemagne et l’Italie.

II) Deux exemples de constructions nationales : l’Allemagne et l’Italie

Le nationalisme avant 1871 est le moteur de l’unification de deux nations, l’Allemagne et l’Italie. Dans les deux cas, les peuples avaient le sentiment de former une nation homogène depuis de nombreux siècles mais ils étaient divisés en plusieurs états et soumis en partie à des influences extérieures venant d’autres états qui voyaient d’un bon œil ces divisions qui avaient pour principal intérêt l’absence diplomatique, stratégique et économique de deux rivaux puissants. Le nationalisme, c’est-à-dire dans ce cas précis la volonté de ces deux peuples de se constituer en un état uni, va aboutir en 1871 à l’apparition sur la carte européenne de l’Allemagne et de l’Italie. Dans les deux cas, les similitudes sont nombreuses : l’unification s’est faite grâce à l’action de deux puissants royaumes (le Piémont-Sardaigne pour l’Italie et la Prusse pour l’Allemagne) et au soutien d’hommes providentiels (le roi Victor-Emmanuel, son premier ministre Cavour et Garibaldi pour l’Italie, Guillaume II de Prusse et Bismarck pour l’Allemagne). Autre similitude, les deux unités se sont faites quasiment en même temps et ne sont réalisées qu’au terme d’un long processus. Enfin, des combats ont eu lieu pour s’opposer aux influences de puissances voisines qui ne souhaiter pas voir ces états se constituer : l’Autriche-Hongrie, dans les deux cas, a tenté vainement de s’opposer ces unifications (Napoléon III et la France aidèrent notamment les Italiens à s’unifier, recevant en remerciement la Savoie et le Comté de Nice).

Avant 1871, on peut parler de nationalismes unificateurs en Europe mais ces unifications tardives expliquent que ces états, officiellement nés en 1871, ne se lancent que très tardivement dans l’expansion coloniale, ce qui sera une source de ressentiments.

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Séance 2 : Les nationalismes déstabilisent l’Europe – 1871-1945

Avant 1914, la région des Balkans est soumise à des troubles très importants directement liés aux nationalismes. Ceux-ci expliquent la 1ère guerre mondiale. Pendant l’entre-deux-guerres, les nationalismes deviennent agressifs et se teintent de racisme ; eux aussi conduiront le monde à une 2nde guerre mondiale. Comment les nationalismes s’expriment-ils de 1871 à 1945 ?

I) Le déclin des empires multinationaux.

A. L’effondrement de l’empire ottoman.
Entre 1830 et 1914, ce grand empire prend du retard dans sa modernisation, en particulier industrielle. Dès 1830, il doit faire face à des risques de morcellement de son empire, menacé de l’extérieur (par les puissances coloniales, notamment la France et la Grande-Bretagne qui s’emparent de l’Afrique du Nord) et de l’intérieur : les peuples soumis aux Ottomans revendiquent leur indépendance. Entre 1830 et le début du XXème siècle, Grecs, Roumains, Bulgares, Serbes, Monténégrins, Bosniaques, parviennent à se libérer de la domination ottomane, poussés par le nationalisme, puis s’affrontent immédiatement lors des guerres balkaniques (1912-13). L’effondrement de l’empire ottoman s’achèvera en 1918 : vaincu lors de la guerre, il ne subsistera que dans un état regroupant la nation ottomane : la Turquie.
B. L’éclatement de l’empire d’Autriche-Hongrie.
En 1914, l’Autriche-Hongrie est constitué de 13 nations qui bénéficient chacune de la liberté d’exprimer leur appartenance nationale à travers la langue, la culture, la religion… Ces nations sont des minorités nationales vivant sous la domination de deux peuples, les Autrichiens et les Hongrois. Directement lié au déclenchement de la 1ère guerre mondiale (l’héritier du trône, l’archiduc François-Ferdinand est assassiné par un nationaliste serbe à Sarajevo), l’empire est battu et redécoupé en fonction du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, ce qui implique que chaque nationalisme va exprimer sa volonté. De ce redécoupage naissent des états-nation (Autriche, Hongrie), des états multinationaux (Yougoslavie, Tchécoslovaquie) et des modifications de frontières ramenant des minorités de l’empire austro-hongrois dans des états déjà existant (Roumains en Roumanie par exemple).
L’Europe centrale et orientale, entre 1850 et 1914 a vu s’effondrer deux empires multinationaux et naître de nombreux états.

II) Les nationalismes de l’entre-deux-guerres nés de la frustration ou de l’humiliation.

Les traités de paix, conçus par les vainqueurs et marqués par les idées du président américain Wilson, ne règlent pas toutes les questions nationales. L’Italie, vainqueur, n’obtient pas toutes les terres qu’elle réclamait (terres irrédentes) sur la côté adriatique (Yougoslavie) et l’Allemagne est humiliée par le traité de Versailles (le diktat) : elle perd l’Alsace-Lorraine, est séparée en deux par le couloir de Dantzig créé pour offrir un débouché maritime à la nouvelle Pologne, soumise à une démilitarisation, contrainte d’abandonner le modèle impérial pour devenir une république et obligée de payer des réparations colossales aux pays vainqueurs. Dès 1922, Benito Mussolini s’empare par la force du pouvoir en Italie et crée la dictature fasciste : son régime exalte le nationalisme italien et veut reconstruire la gloire passée de l’empire romain au moyen notamment de la guerre. Ses ambitions menacent surtout le bassin méditerranéen (côte yougoslave, Albanie, Libye…). En 1933, la crise économique aidant, le parti nazi d’Adolf Hitler arrive au pouvoir. Lui aussi veut laver dans la guerre l’humiliation des traités de paix ; il exacerbe le nationalisme allemand (pangermanisme) et y ajoute des conceptions racistes qui légitiment (pour lui) la construction d’un espace vital pour le peuple allemand au détriment de ses voisins.

Une nouvelle fois en 1939, les nationalismes, plus virulents encore qu’en 1914, vont plonger l’Europe et le monde dans une guerre mondiale.

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Séance 3 : La résurgence des nationalismes depuis 1945

Depuis 1945, il faut distinguer deux Europes : l’une, à l’est, vit 45 ans étouffée derrière le rideau de fer, l’autre à l’ouest, voit se développer de nouvelles formes de nationalisme, parfois exprimées violemment par des actions terroristes. Comment les nationalismes s’expriment-ils en Europe depuis 1945 ?

I) A l’est, le réveil des nationalismes depuis 1989.

Entre 1945 et 1989, soumis à la dictature communiste, les nationalismes d’Europe de l’est sont en sommeil : l’armée rouge, toujours présente sur le sol des pays libérés à la fin de la guerre (sauf la Yougoslavie) empêche les peuples d’exprimer toute revendication nationaliste. Entre 1989 et 1991, Mikhaïl Gorbatchev, après avoir échoué à sauver l’URSS, décide de ne pas réprimer la volonté des peuples d’Europe de l’est à se libérer du communisme ; il laisse même les nationalismes s’exprimer au sein de l’URSS, qui implose en 15 nouveaux états de façon pacifique. A l’extérieur, la Pologne et la Hongrie qui sont déjà des états-nation retrouvent leur « indépendance », la Tchécoslovaquie se scinde en deux états (républiques tchèque et slovaque) tandis qu’en Yougoslavie les tensions et les rancunes nationalistes s’exprime dans un conflit particulièrement violent (guerre entre Serbes, Croates et Bosniaques, puis guerre au Kosovo).
Mais ces nationalismes se transforment rapidement et certains ont déjà accepté de s’intégrer à un espace multinational en construction, l’Union Européenne.

II) A l’ouest, des nationalismes divers.

En Europe de l’ouest aujourd’hui, parallèlement à la construction européenne (voir séance 4) dans laquelle le nationalisme se fond dans des instances supranationales, des nationalismes divers s’expriment avec des revendications tout aussi multiples. De façon générale, ces nationalismes s’expriment souvent par opposition à un pouvoir central pour des raisons culturelles ou régionalistes : En France, Bretons ou Alsaciens réclament pacifiquement la préservation de leur identité régionale (langue, culture), certains Corses recourent au terrorisme pour réclamer l’indépendance de l’île alors que la nation basque, à cheval sur la frontière franco-espagnole réclame elle aussi un état basque indépendant mais viennent de renoncer au terrorisme très récemment. De même en Irlande du Nord, l’IRA vient de déposer les armes après plusieurs décennies de lutte motivée par le nationalisme et la religion. En Italie, la nation existe et partage une histoire, une langue, une religion et une culture communes mais une importante partie des Italiens du nord, plus riches, réclame la séparation de l’état en deux (Lega Nord). En revanche l’Italie a réglé les problèmes posés par 5 régions périphériques (Sardaigne, Sicile, Val d’Aoste…) en leur octroyant une importante autonomie. De même le Royaume-Uni a mis fin aux revendications nationalistes galloises et écossaises en créant des parlements pour ces nations. Enfin, les tentations séparatistes sont répandues également entre les deux nations qui composent la Belgique, les Flamands germanophones et les Wallons francophones.

Les nationalismes en Europe aujourd’hui sont divers et multiples mais tendent à s’exprimer de façon de plus en plus pacifique et démocratique même si des menaces existent encore tandis que 25 états se sont déjà unis dans l’Union Européenne.

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Séance 4 : La construction européenne

La période qui s’ouvre en 1945, si l’on excepte le conflit en ex-Yougoslavie, est la première dans l’Histoire qui voit le continent en paix sur une si longue durée. Cela est en partie dû à la construction d’une Europe unie. Comment s’est déroulée la construction de l’UE et quelle voie prend-elle aujourd’hui ?

I) Pourquoi l’Europe ?

L’idée d’une Europe en paix et unie n’est pas nouvelle. Elle apparaît déjà au XIXème siècle chez des acteurs de la vie politique comme Victor Hugo. Pendant l’entre-deux-guerres, la SDN (société des nations) constitue une première tentative de règlement pacifique des conflits, mais sans succès. Après la seconde guerre mondiale, Schuman propose de mettre fin à la rivalité franco-allemande et propose, comme réalisation concrète, de créer une communauté franco-allemande de production de charbon et d’acier (CECA) ouverte aux autres pays volontaires. Face au succès, le traité de Rome en 1957 créé la Communauté Economique Européenne (CEE) à laquelle 6 pays adhèrent : France, Italie, RFA, Belgique, Pays-Bas et Luxembourg.

II) Les étapes de la construction.

Après l’échec de la création de la Communauté Européenne de Défense (CED) refusée par de Gaulle, la CEE et la construction de l’Europe repartent avec de nouvelles adhésions : Le Royaume-Uni, l’Irlande et le Danemark la rejoignent en 1973, la Grèce en 1981, l’Espagne et le Portugal en 1986, pour former l’Europe des douze. En 1992 est signé le traité de Maastricht : la CEE (union économique) est remplacée par l’Union Européenne, l’UE (union politique). Le traité entre en vigueur en 1995, année où la Finlande, la Suède et l’Autriche entrent à leur tour dans l’union. En 2002, une monnaie unique vient renforcer la cohésion de l’UE et en 2004, 10 nouveaux pays issus en partie de l’ex-Europe de l’est portent l’UE à 25 membres.

III) Comment construire l’Europe ?

Dès le départ, le débat s’est posé de savoir quelle forme donner à terme à cette Europe unie : fédération sur le modèle américain, soutenu par Monnet, ou confédération dans laquelle chaque état garderait toute son indépendance par rapport aux instances supranationales, soutenue par de Gaulle. Avec le traité de Maastricht, la première voie est en train de triompher : même si ce n’est pas encore le cas, l’Europe envisage de ne parler que d’une seule voie sur la scène diplomatique, de créer une défense commune et d’instaurer une citoyenneté européenne.

Qu’il s’agisse de l’Europe déchirée sur la guerre en Irak ou des refus français et néerlandais de la constitution en 2005, les exemples sont nombreux pour montrer que la route vers l’union est encore longue…

Fédération : forme d’union dans laquelle chaque état se soumet aux décisions d’une instance supranationale (exemple aux Etats-Unis)
Confédération : forme d’union dans laquelle chaque état reste indépendant et conserve l’essentiel de son autonomie.
Supranational : se dit d’un pouvoir qui supérieur à chaque état (exemple : la commission européenne de Bruxelles est une instance supranationale)

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SEQUENCE III : DICTATURES ET DEMOCRATIES DEPUIS 1850

Séance 1 : Deux empires autoritaires avant 1914 : l’Allemagne et la Russie

Avant 1914, le IIème Reich allemand et la Russie des Tsars sont deux empires autoritaires. Qu’est-ce qui rapproche et différencie ces deux formes d’autoritarismes ?

I) Deux formes d’autoritarismes.

Ces deux empires, l’un pluriséculaire, la Russie, et l’autre très jeune, l’Allemagne (unifié en 1871) sont des régimes autoritaires, c’est-à-dire des états dans lesquels un seul homme détient le pouvoir. Pourtant, les différences entre ces deux régimes sont importantes.
En Russie, le pouvoir du Tsar peut être comparé à celui des rois français à l’époque moderne : le Tsar est Tsar car Dieu l’a voulu ; ce régime est donc de droit divin, et le Tsar détenant son pouvoir de lui, n’a de compte à rendre à personne de ses actes et de ses choix. Il s’appuie pour régner sur l’Eglise et les classes sociales qui profitent de ce régime (noblesse, armée…). Il n’y a pas de constitution. Le pouvoir despotique qu’il exerce est brutal (au contraire de celui de son prédécesseur) et au début du siècle, une grave crise provoque un mécontentement de la population qui débouche sur une révolution en 1905. Ayant dans un premier temps accepté la création d’une assemblée consultative destinée à l’épauler (voulue par l’opposition réformatrice), la Douma, il réprime finalement dans la violence les manifestations. Cette répression va rendre l’opposition révolutionnaire encore plus déterminée à renverser le pouvoir par la force. Parmi elle se trouvent les Bolcheviks de Lénine qui parviendront à faire la révolution en 1917.
En Allemagne, une constitution existe, elle prévoit une forme de monarchie constitutionnelle comprend des élections au suffrage universel. La séparation des pouvoirs semble effective mais dans la réalité, le système est faussé par le poids de la Prusse dans les assemblées ; dans la pratique, Guillaume II détient un pouvoir absolu mais il l’exerce de façon éclairée et accomplit de nombreuses réformes qui font de l’Allemagne un des états les plus progressistes d’Europe au début du XXème siècle. Dans ces conditions, l’opposition socialiste ou libérale est affaiblie puisque ses revendications sont devancées par le pouvoir, même si son poids augmente régulièrement lors des élections, preuve que l’idée démocratique fait lentement son chemin.

II) Les impérialismes.

La Russie qui s’industrialise tardivement, et l’Allemagne qui ne s’unifie qu’en 1871 ne prennent part à la conquête coloniale que lorsque les autres puissances européennes ont déjà conquis la quasi-totalité des terres à prendre. Ils prennent part aux tentatives d’influence sur la Chine mais c’est en Europe que leurs impérialismes vont tenter de s’étendre. On définit l’impérialisme comme la volonté de dominer un espace n’appartenant pas à une nation. L’impérialisme peut prendre plusieurs formes : politique, militaire (colonies), économique, culturel (Etats-Unis aujourd’hui).
La Russie est déjà à l’époque l’état le plus vaste du monde. Même s’il est en grande partie désert, la partie européenne de la Russie est composée d’importantes minorités nationales (Baltes, Finlandais, polonais, Ukrainiens, Roumains, peuples d’Asie centrale…). La Russie cherche donc à unifier, à homogénéiser cet espace à travers une russification qui interdit aux minorités nationales ou religieuses (Juifs) de cultiver leur identité, parfois par la force. Quant à l’Allemagne, un nationalisme très agressif ayant repris les récentes thèses « scientifiques » du racisme, le pangermanisme, menace les pays voisins au titre de la loi du plus fort et du rassemblement de tous les germanophones dans une grande Allemagne. Il cherche aussi à construire un empire colonial hors d’Europe.
Ces deux empires autoritaires ont un dernier point commun, ils ne survivront pas à la guerre.
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Séance 2 : La dictature nazie.

Le IIème Reich disparaît avec la défaite de 1918 : les vainqueurs imposent à l’Allemagne le modèle républicain et démocrate. Pourtant la République de Weimar ne résistera pas à la prise de pouvoir d’Hitler. Comment cette expérience démocratique va-t-elle aboutir au nazisme et quelles formes prendra cette dictature ?

I) L’échec de la République de Weimar.

La République de Weimar tient son nom de la ville dans laquelle la constitution fut élaborée. Ce régime résiste en 1919 à une tentative de révolution communisme sur le modèle russe (Spartakistes) puis est le cadre de l’essor d’une société progressiste et tolérante dans les années 20 ; Berlin, la capitale, devient dans cette décennie un centre artistique mondial.
Mais au début des années 1930, l’Allemagne est touchée de plein fouet par la crise économique aggravée par les réparations de la 1ère guerre mondiale que l’Allemagne doit payer aux pays vainqueurs. La population allemande désespérée cherche un discours fort et rassurant, qui lui promet des lendemains heureux et une Allemagne forte. Le parti nazi (NSDAP) le lui offre et désigne en plus deux responsables aux difficultés de l’Allemagne : le peuple Juif (l’antisémitisme est très répandu à l’époque dans la société européenne en général) et le Diktat de Versailles. Il promet de libérer l’Allemagne des deux et rassemble dans son électorat tous les déçus de la République. En 1932, le parti nazi arrive largement en tête aux élections (+ de 40% des voix). Le 30 janvier 1933, Hitler se voit offrir le pouvoir par le président Hindenburg. A peine au pouvoir, Hitler fait incendier l’assemblée (le Reichstag) et en accuse les communistes dont il se débarrasse. Provoquant la panique dans la société, le parti nazi fait interdire les autres partis, syndicats et associations, supprime les libertés fondamentales et s’attribue les pleins pouvoir. La dictature est désormais en place quelques mois après l’arrivée au pouvoir.

II) L’Allemagne nazie.

Une fois la dictature installée, le parti nazi applique son idéologie. Le traité de Versailles est méprisé et ses clauses annulées progressivement : L’Allemagne cesse de payer les réparations, le service militaire est rétabli, la Rhénanie remilitarisée et des pays sont annexés, notamment l’Autriche (Anschluss en 1938), la région des Sudètes (Tchécoslovaquie) puis la partie Tchèque entière alors qu’un pouvoir fasciste allié se mettait en place en Slovaquie. Les autres pays européens, en particulier la France et le Royaume-Uni, laissent Hitler faire par soucis de préserver une paix à laquelle de moins en moins de gens croient.
D’autre part, dès 1933 la persécution du peuple juif débute et les chantiers de premiers camps de concentration sont lancés. Enfin, la société allemande est étroitement encadrée : les opposants, communistes en particulier, sont arrêtés et parfois exécutés par l’armée et les milices (Gestapo, SS), la propagande se développe à grande échelle, et la jeunesse est embrigadée et convertie aux idées guerrières et racistes du parti au sein de jeunesses hitlériennes.

En 1939, la puissance de l’Allemagne est rétablie mais les agressions d’Hitler vont finir par provoquer la 2nde guerre mondiale lors de l’invasion de la Pologne (1er septembre 1939). Cette guerre opposera les dictatures d’extrême-droite (Allemagne nazie, Italie fasciste et Japon en tête) au reste du monde, démocraties et dictature d’extrême-gauche, l’URSS.

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Séance 3 : L’évolution de l’URSS de 1917 à 1991.

Après la révolution manquée de 1905, poussés par le mécontentement grandissant de la population en raison de la guerre, les Bolcheviks emmenés par Lénine réussissent à prendre le pouvoir lors de la révolution d’octobre 1917. Quelles grandes périodes peut-on distinguer dans l’histoire de l’URSS ?

I) La dictature communiste.
L’idéologie communiste apparaît au XIXème siècle avec ses théoriciens, Karl Marx et Friedrich Engels. Le parti Bolchevik de Lénine sera le premier à appliquer cette doctrine dans un état, la Russie devenue URSS (Union des Républiques Socialistes Soviétiques).
Le communisme est basé sur le concept de lutte des classes : le prolétariat (= classe ouvrière née de la révolution industrielle à laquelle on associe généralement la classe paysanne) doit mener une révolution violente contre la classe capitaliste (= bourgeois, clergé et noblesse). Cette 1ère phase doit s’accompagner de la disparition de la liberté et de la démocratie, donc de la dictature. Ensuite, dans une 2nde phase où seule la classe prolétaire subsistera, l’Etat ne sera plus nécessaire et pourra disparaître alors que les libertés et la démocratie réapparaîtront. En théorie, le communisme a pour but d’apporter le bonheur et la paix à l’humanité et veut s’exporter par la révolution des prolétaires de chaque pays (internationalisme) et non par agression. Il se différencie en cela du nazisme.
Concrètement, une fois au pouvoir, Lénine abolit la propriété privée (confiscation de terres et des usines gérées par les paysans et les ouvriers réunis au sein d’assemblée, les Soviets). Il réalise aussi la promesse de signer la paix avec les empires centraux et appelle les autres pays à faire de même. Mais Lénine met ces réformes en place très progressivement et noblesse et bourgeoisie subsistent encore ainsi que la propriété privée lorsqu’il meurt en 1924. S’ouvre alors une lutte de 6 années au cours de laquelle son successeur au poste de 1er secrétaire du Parti Communiste d’Union Soviétique (PCUS), Staline, va se débarrasser de tous ses rivaux.

II) L’évolution du modèle soviétique.
Seul au pouvoir à partir de 1930, Staline impose la collectivisation des terres et la planification de l’économie et industrialise le pays dans des régions hostiles (Sibérie, grand nord) grâce aux prisonniers déportés dans les goulags. Il provoque le mécontentement des paysans et la multiplication des critiques l’amènent à renforcer la dictature : la grande terreur (1936-38) voit la tenue de grands procès truqués et de purges qui feront plusieurs millions de victimes. En 1945, la victoire de l’URSS contre l’Allemagne apparaît comme le triomphe de Staline et du communisme sur Hitler et le nazisme : il ressort auréolé de gloire aux yeux du monde.
En 1953, Staline meurt et 3 ans plus tard, lors du XXème congrès du PCUS, son successeur Nikita Khrouchtchev dénonce ses crimes. La déstalinisation débute mais dans les faits le régime évolue peu et la dictature se poursuit tandis que l’économie décline en raison de mauvais choix (priorité à l’industrie lourde). En 1985, l’URSS est économiquement exsangue lorsque Mikhaïl Gorbatchev arrive au pouvoir. Il entreprend de grandes réformes (Perestroïka), introduit la démocratie, le pluralisme politique, l’économie de marché et les droits de l’homme en URSS. Mais il est trop tard : une première brèche s’ouvre dans le rideau de fer entre la Hongrie et l’Autriche en août 1989, le mur de Berlin tombe en novembre, les nations s’agitent, demandent l’indépendance (pays baltes) et Gorbatchev interdit à l’Armée Rouge d’intervenir. Le 25 décembre 1991, il dissout l’URSS mettant fin à la plus ancienne expérience de régime communiste au monde.

On peut comparer les dictatures nazie et soviétiques sur bien des points : des millions de victimes, totalitarisme (un seul parti autorisé), propagande, répression, poids de l’armée, culte de la personnalité du dictateur… mais elles se différencient sur deux points majeurs. Le premier tient à l’idéologie : en théorie, le communisme soviétique a pour but le bien de l’humanité et non celui d’un peuple et il n’a pas le caractère agressif et expansionniste de l’Allemagne (c’est la révolution qui doit s’exporter, pas l’armée, même si cela arrivera). Ensuite, le projet raciste et antisémite des nazis n’existe pas en URSS, si ce n’est que l’Etat est officiellement athéiste et que toutes les religions sont donc réprimées.

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Séance 4 : Les démocraties américaine et française depuis 1850.

L’idée démocratique née en Grèce antique réapparaît avec les philosophes des Lumières qui vont inspirer les constitutions américaine et française à la fin du XVIIIème siècle. Comment la démocratie évolue-t-elle dans ces deux états depuis 1850 ?

I) Deux modèles républicains.

La constitution est un texte qui organise les pouvoirs dans un Etat. Les constitutions américaine et française ont pour valeur première les libertés individuelles fondamentales et la démocratie. La république américaine est l’une des plus anciennes au monde : ses actes fondateurs datent de 1776 (indépendance) et 1787 (constitution). La France débute son expérience démocratique à la même époque (révolution en 1789, 1ère république en 1793) mais connaît ensuite des parenthèses autoritaires (monarchie, empire, dictature pétainiste).
La différence fondamentale dans les institutions réside dans l’aspect fédéral des Etats-Unis (50 états) et la centralisation française (une république une et indivisible). Pour le reste, les constitutions sont proches et la séparation des pouvoirs est la règle :
- le pouvoir exécutif est incarné par le président élu au suffrage universel et dans les gouvernements nommés (aux Etats-Unis, ce sont des secrétaires d’état, il n’y a pas de 1er ministre).
- le pouvoir législatif est partagé en 2 chambres (parlement = assemblée nationale + sénat en France, congrès = sénat + chambre des représentants aux Etats-Unis).
- le pouvoir judiciaire est chargé de vérifier la constitutionnalité des lois.

Dans la pratique, le système politique américain est simple : 2 partis (républicain et démocrate) alternent au pouvoir et l’opposition s’exprime surtout par les lobbies (= groupes de pression) ou les médias. Comme dans tout état fédéral, chacun des 50 états possède son gouverneur et une liberté de légiférer dans certains domaines (ex : peine de mort, impôts, mariage…).
En France, le contre-pouvoir est en grande partie assumé par l’opposition et les syndicats. La vie politique est marquée par le pluralisme à tous les niveaux (commune, département, région, état, union européenne).

II) Les Etats-Unis, une démocratie bicentenaire.

Depuis la fin du XVIIIème siècle, le peuple américain est resté attaché au modèle démocratique malgré toutes les crises qu’il a pu connaître. La plus grave est sans doute la guerre de sécession : En 1861, les états du sud, agricoles et libre-échangistes font sécession contre les états du nord en voie d’industrialisation et protectionniste ; la guerre est également motivée par la décision de l’Etat fédéral d’abolir l’esclavage. Après une guerre de 4 ans, le nord l’emporte et l’Etat fédéral survit. Autre crise majeure, celle provoquée par le crack boursier de 1929 : à cette occasion, la démocratie remet en cause ses valeurs libérales et l’état intervient dans l’économie avec le New Deal du président Roosevelt. Après 1945, les Etats-Unis se présentent comme le pôle mondial de la démocratie face à l’URSS et cherche à préserver et promouvoir ses valeurs dans le monde (plan Marshall en 1948, OTAN en 1949).
Mais la démocratie a aussi ses limites : échec partiel de l’intégration de ses minorités (afro-américains, hispaniques, amérindiens), protection sociale insuffisante, développement croissant des inégalités sociales…

III) La longue gestation de la démocratie en France.

Contrairement aux Etats-Unis, la France a connu 5 expériences républicaines, dont 4 depuis 1850. Née en 1848, la IInde République disparaît rapidement, victime du coup d’état de son président Louis-Napoléon Bonaparte qui crée le IInd Empire et fait vivre une certaine démocratie à travers de nombreux référendums. La IIIème république (1871-1940) est la plus longue expérience démocratique que la France ait connu à ce jour : c’est elle qui fait triompher les principales valeurs de la république (laïcité, instruction obligatoire…). Dans les années 30, la république résiste à la menace totalitaire aggravée par la crise économique, grâce au Front Populaire qui met en place de nombreuses lois sociales.
A l’occasion du passage de la IVème à la Vème République, la démocratie française a montré qu’elle est capable de se remettre en question sans passer par une disparition temporaire : en passant d’un régime parlementaire qui laissait peu de poids à l’exécutif à une constitution équilibrant mieux les pouvoirs, la République a su transformer ses institutions. De nos jours, contrairement aux Etats-Unis, la France bénéficie de protections sociales universelles et importantes (état-providence) et s’est montrée capable de surmonter diverses crises (mai 1968, chômage, cohabitations…)

La France et les Etats-Unis présentent des divergences importantes mais représentent depuis 2 siècles aux yeux du monde entier, des symboles des droits de l’homme et de la démocratie.

http://www.un.org/french/aboutun/dudh.htm (Déclaration des droits de l’homme)
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